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Sophie Taeuber-Arp (1889-1943)

Problématique :
La tradition, rupture et renouvellements de la présentation : la tradition du cadre et du socle, ses ruptures et renouvellements contemporains.
La place du spectateur vis-à-vis d’un décor abstrait, (ses réactions : rejet, dégout, adhérer, admiration, symbiose…)
Le rôle de la couleur et des formes géométriques sur l’espace 2 et 3D.

Sophie Taueber, née le 19 janvier 1889 à Davos, en Suisse, morte le 13 janvier 1943 à Zurich, est une artiste, peintre et sculptrice suisse, ayant participé aux mouvements dada puis surréaliste avec son époux, Jean Arp. Son œuvre, marquée par la géométrie et le rythme, embrasse des formats à deux dimensions (tableaux, travaux sur tissu), à trois dimensions  (sculpture, reliefs) et le spectacle vivant (danse, théâtre).

Artiste particulièrement inventive, Sophie Taueber-Arp est pleinement inscrite dans les avant-gardes du début de XXe siècle. Elle devait pourtant rester longtemps dans l'ombre des grandes figures masculines de la modernité en arts plastiques. Membre de Dada, pratiquant l'art concret bien avant que les principes en soient énoncés par Théo Van Doesburg, elle s'est rapidement associée à des groupes d'artistes de tendance abstraite : Cercle et Carré, Abstraction-Création. Son œuvre très diverse s'exerce dans de nombreux domaines entre lesquels elle entretient de nombreux liens, les nourrissant réciproquement de leurs langages, de leurs esthétiques, de leurs avancées : peinture, sculpture, danse, architecture, architecture d'intérieur, arts décoratifs... Elle devait également fonder et éditer la revue Plastique/PLASTIC.

Vie et œuvre

1889 : Naissance à Devos en Suisse.
1907-1910 : Sophie Taeuber étudie les arts appliqués à Saint-Gall, Munich et Hambourg.

1915 : Elle s'installe à Zurich, année où elle rencontre Jean Arp et participe au mouvement dada.          
           Premiers tissages, broderies, dessins et jouets.
1921 : Elle épouse Jean Arp.
1926 : Sophie Taeuber-Arp achève la décoration abstraite et géométrique d'un hall de danse avec Jean Arp et Theo van Doesburg. Theo s'est également vu confier le            remaniement entier de l'aile droite de ce bâtiment : l'Aubette de Strasbourg qui devient un complexe de loisirs et de restauration.
1927-1928 : Le couple se construit une maison et un atelier d'artiste, à Clamart (21, rue des Châtaigniers).
1929-1940 :
Cette maison-atelier devient un centre de réflexion et de rencontre avec des artistes comme F.Picabia, M.Duchamp, M.Ernst, J.Miro, R.Delaunay… Elle           est aussi un lieu de création intense avec les deux ateliers.
1929-1936 :
Souhaitant promouvoir la modernité, Sophie Taeuber-Arp participe à plusieurs groupes d’artistes de l’avant-garde..
            - 1929-1930 Cercle et Carré ;
            - 1930-1931 Art concret ;
            - 1931-1936 Abstraction création ;
1931 : Elle entre dans le mouvement Abstraction-Création et crée la revue Plastique, dont cinq numéros seulement paraîtront, de 1937 à 1939.
1940 : Le couple se réfugie en Dordogne puis sur la Côte d'Azur.
12 janvier 1943 : Elle meurt accidentellement à Zurich, intoxiquée par le monoxyde de carbone émis par un poêle à gaz défectueux. Sa mort frappe douloureusement               Jean Arp qui ne travaille plus pendant trois ans.

Posthume : En 1995, entre en circulation un billet de banque de 50 francs suisses, sur lequel figure sa « tête dada ».

 

Sophie Taeuber-Arp Hans Arp

Concept :

Elle niait le principe d'une hiérarchie dans les arts, et cherchait à utiliser les moyens d’expression les plus variés, dans lesquels prédominaient les formes géométriques élémentaires : lignes, carres, rectangles, cercles, remplis de couleurs à plat.
Avec ce vocabulaire formel, Sophie Taeuber avait trouvé ses racines et son inspiration dans l'art textile et le tissage.

Considérant qu'il n'y avait pas d'art mineur, elle se consacrait avec autant de passion que pour la peinture, par exemple, à la confection de marionnettes, comme par exemple pour la pièce "Le Roi Cerf " de Carlo Gozzi, ou pour la danse, la scénographie, ou pour la décoration intérieure modulable du mobilier peint de couleurs vives de sa maison de Clamart, ou encore pour l'architecture.

Tapisserie Dada, Composition à triangles, rectangles et parties d'anneaux, 1916,
Tapisserie au petit point, laine, 41 x 41 cm.
Musée national d'art moderne, Centre Georges-Pompidou, Paris.

A Zurich, en 1916, au contact du milieu dadaïste Sophie Taeuber-Arp compose, ses premières œuvres abstraites. L’artiste développe un langage formel géométrique, issu de ses recherches textiles. Elle réalise des compositions en disposant de manière perpendiculaire, suivant des horizontales et des verticales, des cercles, des carrés, des rectangles ou triangles de couleurs vives. Ces travaux de petit format sont discrets et d’une rare modestie.
Ces œuvres participent au décloisonnement des disciplines, préoccupation dadaïste.
La même année, Sophie Taeuber-Arp devient enseignante à l’école des Arts et métiers de Zurich et pratique la danse expressionniste.
Les recherches influencent fortement Arp.
Ensemble, les deux artistes renoncent à l’usage de la peinture à l’huile et se mettent à créer en duo des collages et des broderies symétriques.
On pourrait penser que ces ouvrages délicatement brodés sont en contradiction avec l’esprit subversif et révolutionnaire de Dada. Mais il faut se rappeler que les dadaïstes souhaitaient saisir comme un tout unique, l’ensemble des facultés et des impulsions créatrices de l’homme.
Les dadaïstes avaient le même intérêt pour un objet ordinaire que pour une œuvre audacieuse.

Jean Arp, Composition en diagonale, 1915,

Broderie en soie, 63 x 74,5cm.
(broderie réalisée par Adya van Rees)

Jean Arp, Sophie Taeuber-Arp, Symétrie pathétique
1916 - 1917, Coton, 76 x 65 cm
Motif de Jean Arp brodé par Sophie Taeuber-Arp

Broderie au point de croix sur canevas
Sophie Taeuber-Arp, Réticule
(sac de bal, pochette), 1918-1920, broderie de perles.

Sophie Taeuber-Arp
Vertical Horizontal

1916

L'Aubette, 1926-1928 
Sophie Taueber-Arp, Jean Arp et Théo van Doesburg

Aménagement et décors d'un complexe de loisirs (café, restaurant, brasserie, salon de thé, ciné-bal, caveau-dancing, salle des fêtes...) sur quatre niveaux (caveau, rez-de-chaussée, entresol et étage) à Strasbourg.
Premier étage restitué de 1985 à 2006. Classée au titre des Monuments historiques.
Ainsi pour ce havre de paix qu'était sa maison de Clamart, Sophie Taeuber l'avait imaginée en 1927, d'une structure cubique avec ses trois niveaux et ses petites terrasses composées d'éléments en béton brut, et de matériaux utilisés dans le voisinage, tels que la pierre meulière, et elle s'est directement inspirée du Bauhaus.
Elle travailla dans ce lieu aux cotes de Jean Arp. Cette maison conserve d'ailleurs encore aujourd'hui une partie du mobilier qu’elle dessina, ainsi qu’une collection d’une soixantaine d’œuvres, de dessins, d'esquisses, de gouaches, de sculptures, et d'objets d’art.
De 1929 à 1940, cette maison-atelier fut un centre de réflexion et de rencontre avec de nombreux artistes majeurs du XXème siècle, dont Picabia, Max Ernst, Miro, Duchamp, et le lieu pour Sophie Taeuber d'une création intense, avec une vision libre et synthétique sur l'ensemble des arts, dans lesquels elle s'exprima.

Le Bâtiment :

- Le bâtiment a été construit entre 1764 et 1767, Place Kléber au cœur de Strasbourg par l’architecte royal Jacques-François Blondel.

- Caserne, puis musée municipal de peinture, il fut bombardé puis reconstruit de 1873 à 1875.

- On y construisit une grande salle de concert, avec des boutiques au rez-de-chaussée donnant sur la place.

- En 1922, les frères Horn et le gérant de café Ernest Heitz obtiennent la location de l’aile est de l’Aubette. Ils décident de la transformer en un vaste « complexe de loisir » comme il en existe (ou en existera) dans les grandes villes comme Berlin ou Paris.

En 1926, Sophie Taeuber et Jean Arp s’installent à Strasbourg
Les deux artistes rencontrent les Frères Horn, deux hommes d’affaires et mécènes. Ils réalisent pour ces commanditaires deux opérations, un vestibule d’appartement et Les Salons ou le bar et dancing de l’Hôtel Hannong (décors aujourd’hui détruits).
Arp a cependant peu participé à ces deux projets et il faut bien rappeler le rôle déterminant qu’a eu son épouse dans l’obtention des commandes.

Devant l’ampleur des travaux à mettre en œuvre pour la réalisation complexe de l’Aubette, les deux artistes préfèrent confier la maîtrise d’œuvre à l’architecte et artiste hollandais Théo Van Doesburg (1883-1931).
Ils auront raison car le chantier sera difficile et les situations souvent tendues.
Les plans furent achevés en 1927 et les travaux terminés en 1928.

Présentation des différents espaces de l’Aubette

REZ DE CHAUSSEE

Escalier (décor restauré)

Architecture de l’escalier et garde-corps géométrique: Théo van Doesburg.

Vitrail : Jean Arp et Sophie Taeuber-Arp

Peintures : Jean Arp

Cette pièce est la parfaite illustration du travail de collaboration des trois artistes, puisque les différents éléments fabriqués par les uns ou les autres se complètent pour former un décor unique.

·         PASSAGE (décor restauré) Sophie Taeuber-Arp

L’entrée principale du bâtiment se faisait par un grand passage entre la Place Kléber et la rue arrière du bâtiment. Ce passage desservait l’escalier et les salles du rez-de-chaussée.
Sept bandes composées de rectangles de gris-bleu, blancs et noirs animaient l’espace d’un rythme syncopé et accompagnaient la marche du visiteur.


Projet pour l’Aubette : projet de dallage pour le dallage du rez-de chaussée,
1927, Gouache et crayon, 33x 118,5 cm

·         SALON DE THE « FIVE O’CLOCK TEA» (décor disparu) Sophie Taeuber-Arp

C’est le plus grand espace aménagé par Sophie Taeuber-Arp. Les décors étaient peints sur trois murs et au plafond. L’artiste avait alterné des grandes surfaces de deux gris différents, dans lesquelles s’inséraient des panneaux carrés et rectangulaires et des combinaisons géométriques de petits rectangles gris, noirs, rouges et bleus sur fond blanc.

Les panneaux étaient séparés par des bandes blanches ou recouvertes de feuilles d’argent.

L’organisation orthogonale de la composition d’ensemble intégrait les miroirs, les piliers, les radiateurs et l’éclairage.

·         AUBETTE BAR (salle d’apéritif) (décor disparu) Sophie Taeuber-Arp

Les décors étaient peints sur quatre murs et au plafond. La composition était conçue selon une structure horizontale-verticale. Des plages de damier multicolores alternaient avec des grandes surfaces carrées ou rectangulaires monochromes.

 

Les couleurs étaient vives et joyeuses. Sophie Taeuber-Arp jouait avec les contrastes entre tons chauds et froids. Les « non couleurs » venaient ponctuer l’ensemble.

SOUS SOL

CAVEAU DANCING THE DINER ET SOUPER DANSANT CABARET (décor disparu) Jean Arp

Arp travaillait de façon plus libre en réalisant un décor de formes organiques et bio morphes.

ENTRE SOL

SALLE DE BILLARD, (décor disparu) Sophie Taeuber-Arp et Jean Arp.

PREMIER ETAGE

·         SALLE DES FÊTES (décor restauré) Théo van Doesburg

L’artiste a réalisé un décor purement néo-plastique. Les murs et le plafond sont divisés en rectangles et carrés de couleurs pures, encadrés par des bandes blanches en relief de trente centimètres de large. L’éclairage est intégré à la composition d’ensemble. Il se fait par des petites lampes montées sur des panneaux d’émail, carrés ou rectangulaires.

·         FOYER BAR (décor restauré) Sophie Taeuber-Arp

Située entre la Salle des Fêtes et le Ciné Bal, cette pièce permettait la circulation des personnes, tant souhaitée par Théo van Doesburg et les Frères Horn. Depuis un bar au milieu de la pièce le spectateur pouvait voir le film projeté dans la salle du ciné bal. Ici, Sophie Taeuber-Arp réalisait une composition néo-plastique faite de grandes surfaces rectangulaires de couleurs qui s’opposaient franchement.

·         CINE BAL (décor restauré) Théo van Doesburg

Le ciné bal était un vaste espace de convivialité conçu pour danser et regarder des films. Tous les éléments (mobilier, lampes, cendriers) devaient s’accorder au vocabulaire géométrique de l’ensemble et à une exigence de fonctionnalité. Théo van Doesburg souhaitait répondre à la répartition orthogonale des éléments de l’architecture du bâtiment par une contre composition dynamique (triangles, carrés et rectangles) organisée autour de la diagonale. Il appliquait pour la première fois ses nouvelles théories de l’Elémentariste. La diagonale créait le mouvement et donnait à ses compositions de tension et d’équilibre un aspect cinétique.

Anecdote :

« Animer cette salle par les couleurs était chose extrêmement difficile. Je n’avais à ma disposition aucune surface ininterrompue. Le mur de devant était interrompu par l’écran et par la porte de secours, le mur de derrière par la porte d’entrée, par la porte de la petite salle de fêtes et par les ouvertures de l’appareil cinématographique ainsi que par le réflecteur ; à gauche la surface était coupée par les fenêtres montant presque jusqu’au plafond, et à droite par la porte des offices. Or, comme les éléments architectoniques se basaient sur des rapports orthogonaux, cette salle dut s’accommoder d’une répartition oblique de couleurs, d’une contre-composition, qui fût de nature à résister à toute la tension de l’architecture. Et ainsi, la galerie, qui traverse du côté droit obliquement la composition, fut plutôt un avantage qu’un désavantage pour l’ensemble. Elle accentue le rythme et la couleur »

Théo Van Doesburg dans le numéro spécial de De Stijl paru en 1928.

Par un travail de collaboration Sophie Taeuber-Arp, Jean Arp et Théo van Doesburg réussirent leur projet de réaliser une « Gesamtkunstwerke », « une œuvre d’art totale » qui permettait à chacun de mettre en œuvre ses idées d’avant-garde. Peu de temps après la fin des travaux, les décors furent petit à petit partiellement cachés puis totalement recouverts ou démontés. Il faudra deux phases de restauration de 1985 à 2006, pour permettre au public d’accéder à nouveau aux seules parties restaurées aujourd’hui: le passage du rez-de-chaussée, l’escalier et l’ensemble des trois salles du premier étage.

Peu de temps avant la fin des travaux, les décors furent petit à petit partiellement cachés puis totalement recouverts ou démontés. Il faudra deux phases de restaurations 1985 et 2006 pour permettre au public d'accéder à nouveaux aux seules parties restaurées aujourd'hui.

Relief rectangulaire, rectangles découpés, rectangles appliqués et cylindres surgissants, 1936
Relief en bois peint, 50 x 68.5 cm,
Signé et daté sur le dos : SH Taeuber-Arp 1936. Kunstmuseum, Basel

Dans l’atelier de Clamart, Sophie Taeuber-Arp réalise toute une série de compositions auxquelles elle donne peu à peu du relief.
Des formes géométriques ou biomorphiques sont découpées dans du bois, puis placées les unes sur les autres pour surgir hors du plan ou disparaître. 
D’autres sont créées en creux dans le support même de l’œuvre, qui semble se déconstruire.
Les couleurs, en nombre limité, peintes en surface ou sur la tranche semblent flotter dans l’espace.

Composition à Cercle et rectangle, 1932, aquarelle sur papier, 

24 x 33 cm

Cellule de relief (rectangulaire, éléments géométriques), 

1936, huile sur bois

38 x 48 x11 cm

Relief rectangulaire, cercles découpés, rondelles sur tiges
1936, huile sur bois, 

60 x 80 x 8 cm

Composition aux cercles colorées
1937, huile sur toile, 

49,5 x 64, 1 cm.


Marguerite Arp-Hagenbach (seconde femme de Jean Arp et collectionneuse) dans son appartement à Basel en 1953. Au mur derrière elle, le Relief.

 

Quelques repères

Jean Arp

Jean Arp ou Hans Arp, 1886-1966, est un peintre, sculpteur et poète allemand puis français. Cofondateur du mouvement dada à Zurich en 1916. Il réalisa de nombreuses œuvres plastiques, en étroite collaboration avec sa femme, Sophie Taeuber. Proche des surréalistes, de 1926 à 1930, il deviendra membre fondateur du groupe Abstraction-Création.

Ses premières œuvres de plâtre et de marbre datent de 1930. Il réalise des reliefs en bois peints, broderies et papiers collés. En 1925, il s'installe à Clamart dans une maison-atelier dont Sophie Taeuber a dressé elle-même les plans. Il participe aux activités des surréalistes et fréquente les peintres abstraits de Cercle et Carré.

Arp est à l'origine d'un vocabulaire de signes aux allusions figuratives et ironiques.

À partir de 1930, la sculpture en ronde-bosse prend une place importante dans son œuvre.

 

Théo van Doesburg

Théo van Doesburg, 1883-1931 est un peintre, architecte et théoricien de l'art néerlandais. Il est connu pour être le fondateur et principal animateur du mouvement De Stijl. Peintre de formation, il reste surtout connu pour son œuvre théorique. Compagnon de route de Piet Mondrian, il est le fondateur et animateur de la revue De Stijl, qui engendra un mouvement à la portée internationale. Il y exposa ses théories sur l'abstraction en peinture, et prônera le renouvellement radical de l'Art avec la transposition des recherches cubistes dans le domaine de l'Architecture.

 

Dada 1916-1925

Le mouvement dada, ou dadaïsme, est un mouvement intellectuel, littéraire et artistique du début du XXe siècle, qui se caractérise par une remise en cause de toutes les conventions et contraintes idéologiques, esthétiques et politiques.

Dada est issu d’une filiation expressionniste et sa véritable naissance est le Manifeste littéraire, publié sous forme de tract. « Nous voulons supprimer le désir pour toute forme de beauté, de culture, de poésie, pour tout raffinement intellectuel, toute forme de goût, socialisme, altruisme et synonymisme. » C’est à partir de ce texte que s’esquisse la position spécifique de dada.

Dada connaît notamment une rapide diffusion internationale. Dada met un jeu avec les convenances et les conventions, son rejet de la raison et de la logique, et marque, avec son extravagance notoire, sa dérision pour les traditions et son art très engagé. Les artistes de dada se voulaient irrespectueux, extravagants, affichant un mépris total envers les « vieilleries » du passé. Ils cherchaient à atteindre la plus grande liberté d'expression, en utilisant tout matériau et support possible. Ils avaient pour but de provoquer et d'amener le spectateur à réfléchir sur les fondements de la société. Ils cherchaient également une liberté du langage.

Surréalisme 1924

Le surréalisme est un mouvement artistique du XXe siècle, comprenant l’ensemble des procédés de création et d’expression utilisant toutes les forces psychiques (automatisme, rêve, inconscient) libérées du contrôle de la raison et en lutte contre les valeurs reçues. En 1924, André Breton le définit dans le premier Manifeste du surréalisme comme un « automatisme psychique pur, par lequel on se propose d'exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée, en l'absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale ».

Cercle et Carré 1930

Cercle et Carré, fondée en 1929 à Paris, était une association d'artistes qui ne vécut qu'une année mais qui organisa toutefois une exposition homonyme renommée en avril 1930 à Paris à la

galerie 23. Son concepteur fut le peintre Joaquin Torres Garcia, il fut rejoint par le dessinateur, poète et critique d'art Michel Seuphor pour fonder la revue Cercle et carré, qui, face à l'omniprésence du surréalisme, voulait rassembler les artistes constructivistes.

Cercle et Carré encouragea le développement et les travaux dans le domaine de l'art abstrait.

Abstraction-Création 1931-1936

Abstraction-Création est un collectif d'artistes formé à Paris en 1931 pour contrer l'influence du puissant groupe des surréalistes dirigé par André Breton.

En 1932, la préface du premier numéro de la revue, définit Abstraction-Création en ces termes :

« Abstraction, parce que certains artistes sont arrivés à la conception de la non-figuration par l'abstraction progressive des formes de la nature. Création, parce que d'autres artistes ont atteint directement la non-figuration par une conception d'ordre purement géométrique ou par l'emploi exclusif d'éléments communément appelés abstraits, tels que cercles, plans, barres, lignes, etc. ».