Le Ready made une remise en cause du statut de l’œuvre

Niveau terminal

Sujet : « Je ne suis pas vraiment l’auteur de l’œuvre ».

Vous réaliserez un dispositif plastique mettant en avant la notion de Ready Made

Définition: Ready made signifie le déjà fini.

Le ready-made (mot anglais) est un objet trouvé considéré comme un objet d'art. L'attitude du ready-made consiste, initialement, à simplement choisir un objet manufacturé et le désigner comme œuvre d'art. Initiée par Marcel Duchamp, cette démarche a donné naissance à une grande partie des pratiques artistiques actuelles.

Le ready-made a remis en question un certain nombre de certitudes sur lesquelles reposait l'art, comme les notions de virtuosité et de savoir-faire.

Effectivement, les ready-made sont des œuvres d'art qui n'ont pas été réalisées par l'artiste, ce dernier n'intervient en effet que pour les sélectionner, changer leur contexte et leur statut par la désignation (l'affirmation « ceci est une œuvre d'art », entonnée par Marcel Duchamp faisant dès lors acte de redéfinition).

 
Le Ready made pose la question de

  • Sa reconnaissance artistique
  • Sa mise en question
  • Le ready made en tant que création élaborée
  • Son caractère éphémère
  • Unité ou éclatement des supports

Marcel Duchamp, l’artiste par qui tout a commencé:

1913 la roue de bicyclette

1914 le porte bouteille

1917 la fontaine (urinoir), brève histoire vraie: Dès 1914, Marcel Duchamp exhibe au milieu de son atelier un « égouttoir », déjà  l'œuvre est palpable et finalement constituée par sa seule présentation.

Au départ, il s'agissait d'une provocation délibérée. Lors du "Salon des indépendants" de Paris, Marcel Duchamp veut tester l'ouverture d'esprit du comité chargé d'accrocher et de placer les œuvres. Il présente sous un pseudonyme un urinoir rebaptisé "Fontaine" et signé par un certain M. Mutt qui a envoyé les six dollars réglementaires pour être exposé. L'objet déclenche une polémique et ne fut pas exhibé. Marcel Duchamp (qui était donc resté dans l'ombre) prit la défense de ce nouveau mode expression artistique dans la revue The Blind man dont il était co-fondateur.

Dans l'esprit des adversaires de l'Urinoir-Fontaine, les deux chefs d'accusation récurrents concernaient :

  1. le caractère impudique de l'objet
  2. et l'absence d'élaboration de la part de l'artiste.

Marcel Duchamp objecte que l'objet n'a rien en soi d'immoral, pas plus qu'une baignoire n'est immorale " C'est un objet comme on en voit tous les jours dans la vitrine du plombier."... "Le fait que M. Mutt ait modelé ou non la Fontaine de ses mains n'a aucune importance. Il l'a CHOISIE. Il a pris un article courant de la vie et fait disparaître sa signification utilitaire sous un nouveau titre. De ce point de vue, il lui a donné un sens nouveau".

Le rôle de Duchamp:

          Duchamp a affranchi l’artiste du devoir de fabrication manuelle pour concentrer le          travail sur la conception intellectuelle.

          Duchamp n’a rien fait, du moins rien façonné, il s’est contenté de choisir l’objet et de l’exposer.

         La démarche esthétique de Duchamp repose sur un pari : la présentation de la forme doit déclencher le jeu des représentations symboliques associées spontanément à ces formes

Ce qui entraine des remises en question:

         Arraché l’objet de son contexte premier puis l’exposer c’est amener le spectateur à s’y intéresser.

         Choisir un objet manufacturé et le désigner comme une œuvre d’art.

         Remise en question de la virtuosité de l’artiste, de son savoir-faire.

Le  Ready Made aujourd’hui :

Aujourd'hui encore, un grand nombre d'expositions présentent des artistes dont la pratique est héritée, sur le plan formel ou conceptuel, des ready-made « duchampiens » :

  • Dans cette dynamique, on retrouvera des praticiens reconnus tels que Sylvie Fleury, Jeff Koons etc, qui revendiquent le droit à produire des dispositifs dont la plasticité voir l'esthétisme prévalent sur le fond (ce qui est toutefois contraire à l'esprit de Duchamp).
  • D'autres artistes répondent aux concepts de Marcel Duchamp, comme Bertrand Lavier, dont le travail critique s'attache entre autres à éprouver la distance possible entre désignation et matérialité, ou encore Bruce Nauman, avec des réalisations telles que « Put your hat on your lap, put your head on your hat, put your hand on your head. », qui aborde la question de la déshumanisation.

Iconographie :

Marcel Duchamp, Fontaine 1917 Marcel Duchamp, roue de bicyclette 1913
Le prote bouteille 1914             A bras cassé             Marcel Duchamp                       
        Bernard Lavier          
 Sylvie Fleury
Tony Cragg