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PIERRICK SORIN

Nantes : Projets d’artistes

Qui est Sorin ?

Présentation de Sorin avant le projet de Nantes

Un étudiant qui a fait ses études au Beaux Arts, puis un artiste qui  manipule les codes et les concepts de l’art contemporain.

Sorin est un artiste vidéaste optant pour le comique, la dérision, l’ironie et la parodie, qu’il met en scène dans un rôle proche de celui du bouffon. C’est par l’insolence qu’il divertit et nous force à nous interroger. Il est le révélateur et le miroir grotesque qui renvoie l’image de l’être humain.

Pierrick Sorin fait-il du cinéma ou de l’art ?

Tous les films de Sorin sont projetés dans la sphère de l’art présentant assez souvent le même dispositif de tournage. Au départ, il pratique l’auto filmage. Sorin se met en scène en se filmant lui-même sans assistant, c’est le culte du JE (moi Sorin). On remarque que  tous ses films ont un contenu narratif. Il utile la caméra super8, ce qui esthétiquement est très marqué, c’est du cinéma expérimental, puis il bascule dans la vidéo et le monde l’art avec vidéo.

Le plan est fixe, la caméra est dirigée vers lui. C’est une caméra miroir, il s’adresse à elle, comme il s’adresse à lui, tout en s’adressant à nous. C’est une discussion unilatérale. Dans l’auto filmage, la caméra est à la fois devant et derrière selon le scénario. Sorin a le goût des installations. Il intervient toujours sur ses installations.  Il agresse souvent le spectateur.

Le travail de Sorin permet d’interroger la question du corps. Il piège le corps dans sa quotidienneté (lit, toilette…), dans le temps, dans l’espace, il se joue du corps, le rend ridicule.

Le Sorin personnage ou acteur ?

Le Sorin  mis en scène a un corps mou, banal sans énergie. Ses geste sont dérisoires, parfois pervers, sa parole est molle, elle exprime un sentiment de régression. Ses réflexions sur le quotidien sont désabusées. Il joue sur la régression et l’agression. Il est le plus souvent filmé chancelant. Il se moque de tout, fait des niaiseries, mais la cible n’est jamais l’autre mais toujours lui, lui qui est ridicule. Le Sorin est aussi un faux ami. Il incarne à la fois l’homme normal et la figure de l’artiste. Il confond la vie quotidienne et l’artiste au travail. Le Sorin a un lieu de vie, un lieu de film, sa maison. Une cuisine, sa chambre, les toilettes, il habite dans un F2 et à un jardin.

Autobiographie : Le Sorin

Il capture l’intime dans la vidéo qui se confond avec une autobiographie. Il joue le rôle d’un artiste dans sa vie quotidienne, qui est peu prolixe et très peu adroit. C’est un individu qui vit seul, qui s’amuse seul, qui s’invente  un frère (lui déguisé) son double. Par son dispositif d’auto filmage, il filme sa vie banale, il filme ce que le cinéma ne met jamais en scène.

Sorin : auto filmage 5mn, Le réveil, 1988.

Une œuvre de rupture

Les 7 projets à Nantes

 

Nantes : projets d’artiste est la mise en scène de sept artistes fictifs présentant des projets fictifs. C’est aussi une commande publique de la ville de Nantes. Cette commande  doit inaugurer le passage en l’an 2000. Le thème imposé est «  Jules Verne, les mondes inventés ». Le projet vise à revisiter, voire à réinventer la ville, son histoire, sa géographie.

Dans ce travail, Sorin va prendre la place de Jules Verne et il va inventer des mondes imaginaires. Sorin invente des nouvelles façons de voir, d’appréhender l’environnement, la vidéo et son contenu. Dans le projet Nantes, Sorin utilise des technologies de pointe, vaguement futuristes et gentiment utopique, comme il se doit pour célébrer le passage de l’an 2000. Sorin vit et travail à Nantes.

7 projets

1 : Un dispositif qui capture les mouvements des piétons et les restitue sous forme de  clichés artistiques.

2 : Mise en scène d’une image aquatique, une masse nuageuse en constante évolution.                       
3 : Projection d’images d’opération sur la façade de la faculté de médecine.                                    
4 : Enregistrer une séance de danse et la diffuser sur le toit du théâtre.                                            

5 : Déployer un arc en ciel selon la mesure des discussions positives.                                                                                                        

6 : Transformer la tour de Bretagne en aquarium lumineux.                                                           

7 : Transformation d’une dizaine de sculpture de l’homme à la femme, le long de la ligne de tramway.

7 projets, c’est aussi sept personnages que Sorin interprète. Il crée un personnage fictif, homme ou femme par projet et de nationalité différente.

Contrairement au projet passé de Sorin, le projet Nantes ne s’inscrit pas dans le burlesque et à chaque projet  il y a un niveau de lecture différent. C’est une œuvre qui existe sur vidéo et tous les projets sont techniquement réalisables.

La vidéo est réalisée comme un reportage, un magazine culturel qui est animé par Sorin. Le projet ne repose pas sur l’expérimentation mais plutôt sur l’idée d’une démonstration poussive des possibilités de la technologie du moment. L’ensemble des projets implique la présence des habitants de Nantes sauf le nuage et la tour de Bretagne qui sont autonomes.

Un film, un projet sur la question de l’acte de création.

Le projet pose la question de l’acte de création. Quand commence et quand finit l’acte de création ?

Quelles en sont les conséquences ?

Quel en est le produit ?

Sans tenir au projet est déjà créer ?

Sorin revendique l’état de sculpture du projet, une sculpture exposée dans l’espace public qui apparait et disparait à la fin de la commande.

Lien internet

Site officiel   http://www.pierricksorin.com/