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Giuseppe Penone

L’arbre des voyelles

Arte Povera

Définition :

Arte Povera est un courant artistique italien qui apparait en 1967.
Le terme pauvre vient du fait que les artistes utilisent des matériaux dit pauvres de par leurs origines: du sable, des chiffons, de la terre, du bois, du goudron, de la corde, toile de jute, des vêtements usés, etc. Cependant, on trouve des œuvres réalisées avec des néons en Arte Povera, dans ce cas le matériau est pauvre de part sa fonction.
A travers l’emploi des matériaux dit pauvres, les artistes cherchent à retrouver les qualités originelles des matériaux: tension, énergie, éternité, basées sur les lois de la physique comme la pesanteur, la gravité et sur leurs transformations possibles.
La relation avec la nature est une donnée quasi constante dans les œuvres Arte Povera. Il faut y voir une réflexion entre la dialectique culture et nature. Ainsi, l’Arte Povera remet en question l’idée du lieu d’exposition de l’œuvre, cette nouvelle vision ouvre la voie à l’In-situ.
L’Arte Povera se veut en opposition avec l’art bien rangé, exposé dans les galeries, l’Arte Povera sort de la galerie est s’empare de l’espace naturelle.
L’Arte Povera se situe en opposition au Pop Art qui lui est un art axé sur la société de consommation.
L’Arte Povera privilégie le processus, le geste du créateur au détriment de l’objet fini.
Giuseppe Penone

Penone est né en 1968 en Italie, il est issu d’une famille d’agriculteurs.

Dès ses premières interventions sur les végétaux, il se positionne dans une recherche qui vise la modification de la croissance de l’arbre. Soit par une déformation de l’arbre ou  par la compression d’une branche (main moulée).

Dans la série les arbres, il est à la recherche de l’origine de l’arbre, il remonte le temps. Le thème de la croissance de l’arbre lié au végétal et la clé de voute du travail de Penone.
Cèdre de Versailles
Giuseppe Penone
L’arbre des voyelles
     L’arbre des voyelles est un arbre en bronze qui est installé aux jardins des tuileries. Il s’agit d’une commande publique qui vise à réaménager le jardin des tuileries en y intégrant des œuvres d’artistes contemporains. Forcement, la mise en place d’œuvres contemporaines au milieu d’un jardin classique pose la question du rapport entretenue entre l’œuvre d’art et l’espace jardin. Ces œuvres ont-elles réellement leurs places dans ce jardin ou sont-elles des verrues qui enlaidissent l’espace public ?
     Le jardin des tuileries est un jardin dit à la française créé par Catherine de Médicis puis achevé par Le Notre sur ordre de Colbert.

Penone nous propose un arbre mort gisant au milieu de l’ordonnance géométrique des lieux.

Cet arbre mesure 30m de long et sera installé en 1999.

Le choix de l’arbre n’est pas anodin car il s’agit d’une des figures dominantes dans le travail de Penone.

Si l’arbre de Penone semble semer le chaos, il se veut surtout le témoin d’une réalité d’un autre ordre.

L’horizontalité de l’arbre vient s’opposer à la verticalité des arbres présents. Cette horizontalité, nous rappelle que l’arbre fut autrefois vertical. Elle devient la preuve d’une existence passée.

Dans l’entremêlement des racines on peut lire 5 voyelles : A E I O U

L’arbre touche le sol en cinq endroits. A chaque endroit où repose une branche de l’arbre est planté un arbre dont le nom (en italien) commence par une des voyelles.
L’arbre mort donne la vie à cinq nouveaux arbres. C’est un cycle sans fin, en effet lorsqu’un arbre tombe, il libère d’un coup des millions de graines qui on pour but de permettre à l’espèce végétale de survivre.
Au fil des années, les cinq arbres vont grandir et progressivement, ils vont englober une partie de la sculpture de Penone dans leur tronc. Ainsi, la nature est l’arbre en bronze ne feront qu’un. La culture se greffera ainsi à la nature, c’est l’idée d’hybridation.

Les cinq arbres garderont une trace à vie de leur mariage forcé avec l’œuvre de Penone.

Réalisation de l’Arbre des voyelles

Le mimétisme :

Penone emploie le bronze pour réaliser son arbre. Il utilise la méthode dite moulée à la cire perdue. Cette technique permet une empreinte très fidèle de l’arbre d’origine. Ainsi, la beauté naturelle de l’arbre se retrouve dans la sculpture.

Se pose la question qu’est ce qu’est le beau, l’arbre naturelle ou sa copie ?

On peut aussi dire que la sculpture reproduit la beauté de l’arbre et de ce fait l’embellie.

Le temps :

L’idée du temps, de l’évolution fait partie du travail de Penome.

Dans l’arbre des voyelles, c’est le temps qui prend l’œuvre à sa charge.  Le bronze va patiner, les arbres vont pousser et s’approprier la sculpture. Le temps transforme l’œuvre. Ainsi, l’œuvre ne sera jamais terminée, nous n’en voyons qu’un constat à un moment donné.